CRITIQUE// « Carousel », le musical au Théâtre du Châtelet

Carousel,
Du 18 au 27 mars
Au Théâtre du Châtelet

 

La bluette tourne au drame. Fidèle aux règles du genre, l’intrigue de cette comédie musicale signée Rogers et Hammerstein (West Side Story) est construite autour de deux couples, d’abord fiancés puis mariés, et des déboires qu’ils rencontrent. La tragédie du héros Billy Bigelow, contraint de se tuer pour échapper à la justice après une sombre histoire de vol, tourne en leçon d’espoir lorsqu’il lui est permis de revenir sur terre pour une journée afin de retrouver sa fille. Voilà donc une histoire qui finit par s’écarter des conventions et surprendra les amateurs de comédies musicales.

Tire-larme, vous dites? Carousel est aussi un tourbillon rusé, inventif et coloré qui fait la part belle à la folie de Broadway. La célèbre valse de sept minutes qui sert d’ouverture au spectacle séduit dès les premières mesures, et la mise en scène, superbe, ravit d’un bout à l’autre. Manège géant au centre du plateau, décors rotatifs, usage magistral des lumières et des projections forment un cocktail joyeux où se dosent habilement les épisodes tragiques et la magie du musical. On regrette en revanche la peinture archaïque des relations homme/femme au sein du couple : battue par son mari, l’héroïne s’obstine à déclarer à tous ceux qui l’enjoignent de le quitter qu’elle l’aime et qu’il ne lui fait pas mal. Mais les performances des acteurs, l’humour bien présent et quelques piques portées aux sacro-saints mythes du mariage ou de l’American way of life, permettent de reléguer au second plan les conceptions datées hélas inhérentes à ce spectacle. 

Fanny Audibert


Carousel, jusqu’au 27 mars au Théâtre du Châtelet

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