CRITIQUE// Le secret des hiéroglyphes dévoilé au Louvre-Lens

Le déchiffrement des hiéroglyphes fête cette année ses deux-cents ans : pour souffler ces nombreuses bougies, le musée du Louvre-Lens a lancé le 28 septembre une exposition dédiée à l’illustre Champollion. On y découvre le parcours intellectuel et scientifique de l’égyptologue qui consacra sa courte vie à ses recherches sur le pays des pharaons et qui parvint à percer la millénaire énigme de l’écriture égyptienne.

« Champollion a déchiffré les hiéroglyphes qui semblaient être un sceau mis sur les lèvres du désert et qui répondaient de leur éternelle discrétion. » Avec ces mots empruntés à Chateaubriand, le musée annonce la couleur au visiteur : ce qui s’offre à lui est un extraordinaire voyage qui lève le voile sur des siècles passionnants. A commencer par celui de Champollion.  A cet effet, le musée réunit un nombre impressionnant d’ouvrages et documents, tels ces gigantesques recueils de comptes rendus d’expéditions en Egypte, ces dessins et notes manuscrites du célèbre déchiffreur et surtout, cette correspondance entretenue avec son frère aîné et mentor, Jacques Joseph. Cette dernière nous montre l’implication des deux frères dans la vie politique tourmentée de l’époque et témoigne des réticences de l’Eglise sur les découvertes scientifiques de l’égyptologue.

Plus fascinantes encore sont les pièces qui nous ramènent directement à l’Egypte des pharaons, comme la reproduction incontournable de la fameuse pierre de Rosette, dont les lettres et symboles inscrits sur sa face noire en trois langues différentes (hiéroglyphes, copte et grec ancien) sont la clé du déchiffrement. Au rang des pièces prêtées par le Louvre parisien, on s’attardera également sur le magnifique sarcophage de Tamoutnefret en bois peint doré et incrusté, et sur une copie du Zodiaque de Dendérah, représentation des constellations célestes qui mit fin à l’embarras de l’Eglise quant à une datation de l’humanité jugée incompatible avec ses propres doctrines. Entre les stèles, sphinx, momie, statues de dieux et de déesses, les occasions de s’émerveiller et de comprendre l’histoire ne manquent pas.

En voyant les visiteurs de tous âges et tous horizons se presser en nombre pour découvrir l’exposition, on prend davantage conscience de la fascination qu’exerce toujours l’Egypte ancienne sur l’imaginaire collectif. A sa juste hauteur, le Louvre-Lens lui rend hommage et nous transporte dans sa magie d’or, de pierre et de lettres.

Maryse Decool


Exposition Champollion, La voie des hiéroglyphes, au Louvre-Lens jusqu’au 16 janvier 2023.

 

Facebook
Twitter