CRITIQUE// « Dormir avec ceux qu’on aime », un livre de Gilles Leroy

CRITIQUE// « Dormir avec ceux qu’on aime », un livre de Gilles Leroy

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Gilles Leroy écrivain chevronné (sic) et gon-courtisé, passe son temps aux dédicaces, aux colloques et ceci aux quatre coins de la planète. Un jour à Alexandrie (le Caire est trop vulgaire et puis le sait-il c’est un pays en révolution), l’autre à Sarajevo, il pavane, se « narcissise » pour un jour rencontrer en Roumanie un beau ténébreux qu’il considère dès le premier regard comme son « dernier amour ». 20 ans d’écart : Leroy s’imagine qu’il a dû attendre 20 ans pour rencontrer le jeune homme qu’il était lui à 26 ans, et même l’âge fétiche de l’homme de sa vie qui l’a embrassé lorsqu’il avait 16 ans.
Dormir avec les gens qu’on aime pourrait avoir la fraîcheur de son titre mais Leroy ne dort que d’un œil et s’occupe essentiellement de sexe ; le soi-disant « dernier amour » se fait cocufier avec un barman de Buenos aires, pendant que l’écrivain ému et tellement adulé pense à Evita (mais pas à Videla qui lui a succédé et commis tant d’atrocité) lorsque la Roumanie lui inspire tellement de fascination pour Mme Ceausescu, la reine rouge, aux mille paires de chaussures comme sa copine Imelda Marcos aux Philippines (Mais je m’emballe Le prix Goncourt ne va pas à Manille, il préfère les anciennes dictatures sans évoquer les dérapages d’après-guerre).
En Argentine on monte pour lui la version musicale d’Alabama song : on pourrait croire en lisant que le livre primé a eu un tel succès qu’il en est l’origine, sauf qu’il s’agit d’un lyric de Kurt Weil sur des paroles de Berthold Brecht en… 1927. Un indice : Alabama song a été chanté par Dalida en 1980.

Une fois consommé, le beau Marian se fait virer parce qu’il s’est fait couper les cheveux trop courts (sic) et qu’il porte des Ray-ban. A quoi tiennent les sentiments passionnés tout de même.
Après avoir proclamé que la moitié des écrivains est homosexuelle, ce qui fait pas mal de monde tout de même, Gilles Leroy prend congé avec une dernière larme de crocodile (les chaussures encore les chaussures) pour les époux Ceausescu dont « personne ne sait » (hélas !) « où leurs dépouilles furent enterrées, ni même si elle le furent ensemble »

Il devrait y avoir une date de péremption pour les prix littéraires et notamment dans le cas qui nous occupe, le plus célèbre et le plus controversé : le Goncourt. Bon appétit messieurs.

Jean Dubus

 

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