CRITIQUE// Kevin Morby, un songwriter discret et élégant

L’aventure commence dans une cave, une vraie, de deux mètres sous plafond au fond d’une cour. Répondant au doux nom de « cave aux poètes » (55 rue du grand chemin à Roubaix), elle accueille Kevin Morby, américain natif du Missouri. Le jeune songwriter s’est lancé dans une carrière solo après avoir été bassiste au sein de Woods puis chanteur pour The Babies. Sans cesse sur la route, il enchaîne les concerts. De Cologne à Vienne en passant par Prague, Sydney, Brighton, Paris, New York ou la Belgique. Pourtant, c’est bien dans cette cave aux poètes des Hauts-de-France que l’artiste pose ses valises en ce jour festif du 14 juillet. Dans ce cadre simple, très intime et sans fioritures, mais qui nous met en contact direct avec l’artiste, il entre en scène au milieu du public et s’installe au clavier. Sans préambule, il attaque et la magie opère d’emblée. Un son, une voix, des rythmes entêtants qui rappellent parfois Dylan, Lou Reed ou Cohen. Kevin Morby est discret, il chante et nous berce, passe du clavier à la guitare avec, en accompagnement, quelques notes de trompette. Ballades folk, accents country, relents des années 60 et déambulations au gré de ses racines américaines passent en revue un répertoire déjà riche de cinq albums solos depuis 2013, de l’envoûtant Oh my God à l’obsédant Singing Saw, pour finir en apothéose avec le long et langoureux Harlem River.

Classe, charme, simplicité, et surtout une voix qui vibre et se courbe sous la caresse de ses mots : Kevin Morby s’impose comme un incontournable de nos discographies.

Régis Loretti


Retrouvez les dates de sa tournée sur www.kevinmorby.com

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