CRITIQUE// Amour, de Michael Haneke

Notre avis : **

Après nous avoir forcés à nous questionner sur notre soif de violence (Funny Games) et confrontés au sadisme de l’enfance (Le Ruban blanc), Haneke nous bouscule en livrant, comme à son habitude (nos confrères de Telerama parlaient jadis de « pornographie de l’épure »), un film dur, âpre, glacial et dérangeant qui prend une fois de plus le spectateur en otage. Le réalisateur autrichien s’attaque avec Amour à la sénilité dans un film long, impudique et sans grâce, pourtant sacré Palme d’or au festival de Cannes, après Le Ruban blanc en 2009.

Bien sûr il y a Jean-Louis Trintignant et Emannuelle Riva. Bien sûr leur jeu est formidablement puissant. Mais qu’en fait Haneke ? Les plans sont raides, droits, millimétrés, tout ici est calculé comme s’il prenait un malin plaisir à nous infliger ces images sinistres, à nous imposer sa vision macabre – totalement dénuée d’émotion et de sensibilité – de la fin de vie, , en prenant bien soin de verrouiller toutes les issues de secours. Aucune porte de sortie, aucune échappatoire. Voyeurisme malsain. Malaise.

Certains films font du bien. Celui-ci fait du mal et nous, on se demande bien ce qu’on fait dans la salle…

B.P.