TELEVISION// A un Musset de pacotille

deserable

Samedi soir, France 2. Face à deux chroniqueurs pas vraiment réputés pour leur pertinence en matière de littérature se tient François-Henri Désérable, un auteur de 25 ans. « Détail étonnant, ce jeune écrivain est aussi hockeyeur. Vous allez me dire quel rapport ? Y’en a pas » annonce avec à propos Laurent Ruquier. Il a surtout le look, coco. La désormais fameuse « barbe de trois jours », les yeux bleus, la dégaine de minet. Dès ses premiers mots, on le devine pétri de certitudes et façonné par (et pour) les plateaux télé, puant la suffisance et cristallisant à lui seul toute la prétention d’une certaine jeunesse assoiffée de gloire.

« On pourrait vous reprocher un style un peu trop ampoulé et pas toujours très personnel », lance Polony qui dit par ailleurs avoir aimé le livre. « Peut-être en effet que Natacha y a reconnu des sources mais… ». Quelle importance, Lolo ? Vient le tour d’Aymeric Caron qui fait lui aussi état de tous les reco-pillages (« ce que je lis c’est une compilation de textes qui existent déjà ») et de l’absence de style du jeune auteur. Mais loin de se sentir visé, notre Victor Hugo en herbe garde son sourire narquois puisqu’il est soutenu par Ruquier qui scande pour sa défense des arguments dignes d’un élève de CM1 (« les phrases historiques restent les phrases historiques »). Voyant que rien n’y fait, l’animateur en chef – insistant et visiblement contrarié par la tournure des choses –  termine en posant cette question à peine orientée à ses chroniqueurs « sur le fond, vous continuez à dire que c’est un livre qu’il faut lire, non ? » – « Non, lui répond Caron, pour moi, il y a une petite forme de malhonnêteté. » Pour une fois, on est plutôt d’accord avec le Perceval du samedi soir. Dis la NRF, tu déconnerais pas un peu ces temps-ci ?

B.P.


Tu montreras ma tête au peuple, un livre de François-Henri Désérable, éd. Gallimard, coll. « Blanche »

6 Replies to “TELEVISION// A un Musset de pacotille”

  1. Votre article est honteux. Donner un quelconque crédit à la critique d’Aymeric Caron alors que vous n’avez, visiblement, pas lu le livre… Et ne pas signer l’article, quel courage !

    1. Honteux, pas vraiment… Regardez à nouveau l’émission: le jeune Désérable ne parle que par citations et emprunts, comme pour se composer une légitimité littéraire… Grandiloquent et pédant. Son sujet est intéressant et on sent qu’il a beaucoup lu, je vous l’accorde, mais un peu plus de simplicité (et de personnalité, au lieu de parler à travers les grand auteurs), serait bienvenue!

      1. Ne vous est-il pas apparu, ne serait-ce que l’ombre d’un instant, que celui que vous qualifiez de grandiloquent et pédant eusse pu être intimidé à l’idée de se retrouver, à 25 ans, sur une chaine à forte audience parmi des invités rodés aux plateaux télés, et qu’il choisît de se protéger derrière son érudition ?

  2. Il faut vraiment ne rien connaître à la littérature pour écrire ça… Le livre de Désérable est l’un des meilleurs de l’année ! Vous êtes ridicule.

  3. Ce jeune homme a certainement bien plus de personnalité que l’auteur de cet article.
    Jugez plutôt par son livre, affirmez-vous l’avoir lu?
    Prenez le temps plutôt que de critiquer ouvertement son apparition dans une émission plus populaire que littéraire.

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