CRITIQUE// Enlightened, la fin justifie les moyens

Carriérisme, hypocrisie, absence totale de scrupules : bienvenue dans le monde merveilleux des bureaux d’un grand groupe américain !

Lincenciée pour des motifs douteux, Amy (Laura Dern, touchante et terriblement impliquée dans le rôle) refait surface après une thérapie à Hawaï au sein d’une secte humaniste, métamorphosée par les nuitées autour du feu et par sa bibliographie d’essais peace and love. Métamorphosée ? La série, créée par Mark White, met intelligemment en confrontation la force nouvelle d’Amy – une psychologie qui plafonne dans le ciel idéal de l’altruisme – avec la réalité. La réalité, d’abord, de l’entreprise : malgré des efforts répétés, Amy découvre qu’elle ne peut compter que sur elle-même, ou presque, dans le no man’s land du business. Réalité, aussi, de ses relations avec son entourage, qu’il s’agisse du conflit avec sa mère froide et impassible, du contrôle qu’elle souhaite exercer sur la vie de son ex ou de la manipulation dont elle use auprès de ses collègues pour faire triompher ce qu’elle estime être le bien. C’est de cette confrontation que naît la nouvelle identité d’Amy, battante pur sucre qui ambitionne à tort ou à raison de rendre les gens plus justes, quel que soit le prix à payer pour y parvenir.

Si la série ne propose esthétiquement rien de réellement envoûtant et si Laura Dern appuie parfois son jeu plus qu’il n’en faut, Mark White parvient à nous tenir en haleine en mettant intelligemment à l’épreuve ce fameux adage : la fin justifie les moyens.

T.L.

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