CRITIQUE// Camille, la scène dans le sang

CRITIQUE// Camille, la scène dans le sang

Samedi 20 octobre, Camille se produisait à Béthune, l’une des villes choisies pour accueillir sa tournée Ilo Veyou. Avec plus d’un tour dans son sac, la chanteuse a livré un concert aux multiples facettes.

Organique. Comme en témoignaient déjà ses expérimentations en studio, la chanteuse envisage la voix comme un véritable instrument donnant du relief à l’univers de ses chansons. « Je suis si peu électricienne, / Un fruit juteux, / Et je jouis à l’ancienne » : ces paroles, entonnées a capella dans la pénombre, illustrent parfaitement la démarche artistique de Camille : utiliser peu de machines et d’électronique, faire surgir la création musicale d’un rapport intime, corporel, sensuel avec l’environnement. La jeune femme et ses trois choristes-musiciens n’hésitent pas à frapper le sol, se taper dans le dos, se frotter les mains ou à remplacer vocalement basses et batteries, pour un résultat à la fois ludique et surprenant.

Esthétique. Le rapport élémentaire qui relie la chanteuse à son environnement n’exclue pas pour autant un effort visuel de mise en scène. Des lampes foraines qui descendent du plafond sur un air de guinguette aux ampoules que Camille fait se balancer sur leur fil dans un tourbillon d’ombres chinoises, la mise en lumière du spectacle est un point d’honneur de la soirée. La toile géante recouvrant le fond de scène est également intégrée aux chansons par la projection d’images en accord parfait avec l’atmosphère émotionnelle : le public voyage à la capitale, rit de voir l’ombre de Camille faire preuve de plus d’audace chorégraphique que sa propriétaire, s’émeut enfin devant le ciel mouvant d’un « pâle septembre » amoureux.

Interactif. Mais le sel de ce concert tient également à l’ardeur que l’artiste déploie pour inclure totalement son public dans la performance qu’elle délivre. Non sans humour, elle le fait danser sur scène ou chanter avec elle, prompte à briser la glace lorsque la timidité retient les spectateurs : « Il me faudrait cinq chiens et cinq chats… Allez, allez, il y a des croquettes derrière le rideau ! ». Conquise, la salle se voit offrir la chanson de son choix ainsi qu’une improvisation vocale pour clore le concert sur une note drôle et chauvine : « Une bête de scène, une bête – une… Béthune. » Camille aime Béthune, et Béthune le lui rend bien.

T.L.


Camille en tournée, Ilo Veyou, jusqu’au 16 mars 2013

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