INTERVIEW// Zèbre à Trois : de drôles de zèbres à Avignon

INTERVIEW// Zèbre à Trois : de drôles de zèbres à Avignon

 

Zèbre à Trois sur Les Zébrés, voilà une rencontre qui s’imposait. Alors que le groupe se produit jusqu’au 30 juillet au Festival d’Avignon, nous avons rencontré Hervé Peyrard, auteur et chanteur.  Il nous parle de l’album Dur comme faire (EPM/PIAS) et du spectacle joyeux et sensible qui en est tiré.

Les Zébrés : « Zèbre à Trois » pour quatre comédiens… Voilà une drôle d’idée !
Hervé Peyrard : Il est vrai que nous sommes quatre, il y a de quoi être troublé. Mais tout comme les trois mousquetaires, nous avons compris que le secret des meilleurs trio du monde, c’est d’être quatre ! Lorsqu’on a commencé à travailler sur le concert jeune public, nous avons fait un effort de mémoire : que faisions-nous quand on avait 7 ou 8 ans ? On s’est souvenu de Starsky et Hutch, que l’on regardait en famille le dimanche après midi. Leur nom de code était « Zebra 3  » ! Voilà pour les références culturelles (rires).

Les boules puantes à la cantine, la trottinette, les tâches ménagères : le quotidien est une vraie source d’inspiration pour vous, non ?
Oui bien sûr, le quotidien est une source d’inspiration. Nous sommes dans ce monde, on le crée, on le subit, on est vivant au milieu de tout ça. Lorsqu’on s’adresse aux enfants, on essaie le plus possible d’être au présent car c’est leur temps. Et, finalement, peut-être le seul qui vaille vraiment le coup, non ?

Zèbre à troisSi vous misez beaucoup sur l’humour, vous ne renoncez pas pour autant à créer des bulles d’émotion (Les sanglots du mur d’à côté) ou de poésie (Le parfum des prénoms). C’était important de trouver un bon équilibre sur l’album ?
Nous avions une vraie volonté d’essayer de cueillir les enfants sur l’émotion, et ce n’est pas facile… Les enfants n’aiment pas trop se laisser happer par la mélancolie (c’est un truc de grand !). Néanmoins ces sentiments font partie de la vie et l’absence d’un parent à la maison est aujourd’hui le lot de beaucoup d’enfants. En racontant cette histoire d’enfant de marin, on espère transcender cette tristesse et montrer aux enfants que l’on peut la domestiquer, se l’approprier et en tirer du beau et du positif.

En revanche, vous faites swinguer un titre plutôt tranquille de Maxime Le Forestier (Marie, Pierre et Charlemagne, 1972)… Pourquoi ce parti pris ?
On aime et on tient à faire des reprises de chansons car les chansons sont faites pour être chantées ! Et puis quelle probabilité un enfant de 7 ans a-t-il aujourd’hui de connaitre Maxime Le Forestier ou Jacques Higelin ? On estime que c’est dans nos attributions de jouer les passeurs. Par contre, on essaie de s’approprier le morceau pour le mettre à notre sauce musicale. Le titre de Maxime Le Forestier swingue manouche, parce que nous avons un guitariste exceptionnel qui s’amuse comme un petit fou !

Comme l’illustre la chanson de Momo, « jeteur, lanceur, cracheur de mots », les jeux sur le verbe et les sonorités sont au cœur de votre écriture…
Le travail sur la langue est primordial. La langue, les mots, sont la base de tout. J’ai a coeur de donner aux enfants le goût des mots, car je crois au plus profond de moi que c’est le seul véritable outil dont on a besoin.

Sans tomber dans une moralisation excessive, vous dispensez ici et là des conseils de vie (la fable d’un lézard aventureux, l’importance de garder une âme d’enfant…). Une démarche essentielle, lorsqu’on écrit pour le jeune public ?
Je crois, oui, que c’est important de ne pas lui donner des boites vides. Même si l’emballage est joli, ce qui compte avant tout c’est le cadeau ! Les enfants ont une capacité d’intégration, une force cognitive incroyable, que l’on perd à l’âge adulte. Alors j’essaie toujours de glisser dans mes chansons des messages humanistes. Introduire une idée de liberté, de liberté de penser et l’idée que l’Autre, différent ou pas, est un ami. Même si l’enfant ne comprend pas tout dans l’instant, je me dis que ces idées auxquelles je crois se logent quelque part dans leurs cerveau tout neuf. Ca servira un jour ou l’autre.

Vous participez actuellement au Festival d’Avignon. Est-ce un passage incontournable ?
Le Festival d’Avignon est un endroit où l’on peut montrer notre travail. Presque tous les directeurs de théâtre de France et de Navarre viennent chercher des spectacles pour faire leur saison. C’est après le festival d’Avignon que ce monte les tournées qui nous emmènent dans toute la France et même quelque fois à l’étranger.

Un mot sur vos futurs projets ?
D’abord priorité à ce nouveau concert de Zèbre à Trois, le tournage d’un nouveau clip à la rentrée, et un projet en lien avec le Maroc mais on en est aux balbutiements du projet… On s’en reparlera !

Propos recueillis par Timothée Leroy


Retrouvez toutes les dates de Zèbre à Trois sur leur site officiel.

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