CRITIQUE// « Spring Breakers », un film de Harmony Korine

Spring breakers

Creux et stupide. La fameuse fête américaine du Spring break est un argument de vente utile pour s’attirer les faveurs d’un public adolescent friand de bikinis et de boobs sautillants au rythme des grosses basses. Mais qu’on ne s’y trompe pas, non seulement Spring Breakers n’est pas vraiment destiné à ce public – ni à aucun autre d’ailleurs – mais en plus la fête occupe à tout casser vingt minutes du film ; pas vraiment ce à quoi on pouvait s’attendre avec un tel titre.

En réalité, l’underground Harmony Korine préfère construire un clip géant à coup de lumières fluos (assez magnifiques cependant) et de montage désordonné. Au centre de l’écran, ses quatre personnages féminins se trimballent en bikini tout du long en tentant d’être philosophes à leur manière, c’est-à-dire en proférant des phrases à deux balles qui tombent irrémédiablement à plat. On ne se prend jamais d’affection pour ces demoiselles, pas franchement finaudes, qui manquent cruellement de profondeur psychologique et ne parviennent pas à voir plus loin que le bout de leur nez. Quant à James Franco, il fait son numéro – et le fait bien – mais est hélas lui aussi desservi par un personnage grotesque et caricatural.

En bref, le film est à l’image de ses héroïnes, plastiquement intéressant mais finalement assez creux voire même un peu stupide sur les bords.

Joris Renaud


Notre avis : *

Spring breakers,
Un film de Harmony Korine
Avec James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez

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