CRITIQUE// « Sentinel », la nouvelle invitation au voyage de Deleyaman

Avec ce huitième album, Guillaume Leprevost rejoint Aret, Béatrice et Gérard dans leur voyage tranquille.

Dès la première écoute de Sentinel, l’auditeur semble invité à être attentif à chaque sonorité émanant des instruments exotiques (doudouk, cymbalum…) de Deleyaman. Depuis les brumes d’Exil, au vague à l’âme vaporeux et perlée de guitare claire, jusqu’au clair-obscur chaloupé et bienveillant de Slaves, tout au long de ses dix tableaux, Sentinel travaille cette conviction que la beauté de l’aurore naît d’abord de la nuit, qu’un rayon de soleil n’est jamais plus beau que lorsqu’il transperce, juste après la pluie.

Au pointillisme du piano et de la guitare s’ouvre l’espace insaisissable des textures qui s’entrecroisent et se conjuguent. Le dépouillement accueille le maniérisme d’un poème du XIXième; le rythme habite la lenteur; à l’amour du pictural et des paysages font écho les émotions humaines les plus intimes et profondes. Mené par les voix d’Aret et de Béatrice, travaillant l’ombre et les lueurs, Deleyaman poursuit sa route, promeneur éveillé sur un sentier paisible.

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