CRITIQUE// « La bibliothèque d’André » au Théâtre Sorano (Toulouse)

DUSSOLIERAu Sorano, ce dimanche après-midi, nous sommes conviés à un goûter littéraire chez André Dussolier. Nous sont offertes des gourmandises, un peu salées. Elles riment souvent avec « bêtises ». Notre hôte coquin ne s’en prive ni s’en cache. Visiblement, il s’amuse et espère amuser ses invités. Même quand le comédien fait soudain mine de vouloir disparaître derrière sa feuille tremblante, tête de petit garçon honteux, à la fin de sa lecture d’un Diablogue particulièrement féroce de Roland Dubillard, son sourire n’est pas loin. Sourire faussement gêné, sourire plutôt du bon tour qu’il vient de jouer. On lui pardonne. D’abord parce que son plaisir, à jouer justement, est communicatif. Et c’est vrai que les œuvres choisies, écrites par Allais, Dubillard, Ribes, constituent le terrain d’un savoureux jeu de massacre, donnent à voir une galerie de portraits de monstres, monstres ordinaires de la comédie humaine… dans lesquels, bien sûr, on est heureux de ne pas se reconnaître.

Surtout, en contrepoint de ces « bêtises », brillent d’un bel éclat deux textes classiques intemporels, dont les héros sont les animaux et les sentiments. Deux morceaux de bravoure. C’est ici qu’André nous parle et nous touche, en revisitant, avec tout à la fois brio, sensibilité et sobriété, les sentiers archi-battus du Crapaud de Hugo et de La mort du loup de Vigny. Deux longs poèmes qu’on aimerait sans fin. Pour cela, merci André.

Nicolas Pechmezac

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