CRITIQUE// « Chaparrón », un livre de Federico Combi

CRITIQUE// « Chaparrón », un livre de Federico Combi

Chaparron

Il y a des moments où il est nécessaire de partir. Des moments où le cœur réclame un Ailleurs ; un endroit où il pourra battre à sa guise. Des moments où l’envie de Liberté dévore l’âme.
« Parfois le voyage débute d’une manière inattendue. Vous ne savez pas où il vous mènera à moins de l’entreprendre. »
Il en est ainsi… Dans un autre monde, Chaparrón, un petit enfant portant une couronne laisse derrière lui une cité grise. Il s’évade dans les airs en quête d’un voyage, de son voyage. Cramponné fermement à une sorte de montgolfière baleine, il ne se retourne pas sur son passé. Depuis cet engin qui n’existe qu’en rêve et se transforme à loisirs, il contemple un univers qui s’offre à son regard pour la première fois. Dans les airs ou les profondeurs abyssales peuplées de poissons ailés d’un rouge flamboyant, il cherche son chemin, sa voie. Doucement, il va à la rencontre de lui-même, dans un décor labyrinthique et mystérieux.
L’enfant ne sait ce qu’il cherche exactement mais son cœur et son instinct le guident parmi des créatures mécanisées des plus étranges et des contrées insolites l’entraînant ainsi loin de la grisaille.
Federico Combi livre ici une œuvre nimbée d’onirisme et de mystère. Chaparrón rappelle incontestablement l’univers singulier de La Cité des enfants perdus de Caro et Jeunet tant par le traitement de la couleur que la présence récurrente de machines complexes.
Un livre énigmatique dans lequel le lecteur peut se sentir décontenancé, aussi perdu que cet enfant roi voyageur. Si les illustrations nous emportent dans des lieux à la lisière d’un gothisme futuriste, on regrette le déséquilibre entre la richesse du dessin et le texte des plus faméliques (une phrase énigmatique par double page). Pas assez d’éléments évoqués à l’écrit, donc, pour embarquer efficacement le lecteur dans l’histoire. Si l’enfant roi part avec enthousiasme et certitude, le lecteur, lui, reste un peu à quai… Cette oeuvre, propice à l’évasion, reste toutefois d’une richesse visuelle indéniable et procure un réel plaisir à se perdre dans ses dessins empreints de fantastique et de merveilleux.

Hahasiah


1 Comment so far

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  1. #1 manU 24 juillet, 2013, 22:56

    Très belle critique !

    Répondre à ce commentaire

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