CRITIQUE// Skyfall, de Sam Mendès

Notre avis : ****

Réalisé par Sam Mendès, qu’on connaît pour des films alliant une grande maîtrise visuelle à une critique pertinente du modèle américain (American Beauty, Les Noces rebelles), ce nouvel opus ne déçoit pas : si l’on retrouve l’univers familier de James Bond avec plaisir, on découvre aussi les limites du personnage…

L’intrigue est assez simple : après être passé pour mort au terme d’une mission à Istanbul, James Bond est contraint de reprendre du service pour assister le MI-6 dans sa traque d’un terroriste détenteur de la liste de tous les agents britanniques infiltrés à l’étranger. Le film nous emmène depuis la Turquie jusqu’en Ecosse, en passant par Shanghaï et… Londres. L’une des originalités du scénario consiste à réintroduire de l’action et du suspense dans la capitale britannique, donnant lieu à de mémorables scènes de course-poursuites dans le métro ou à travers les rues embouteillées.

Un autre atout du film repose sur l’alliage savant entre dynamisme de l’intrigue, cascades convaincantes et plans maîtrisés, qui permettent au spectateur (contrairement à Quantum of Solace) de suivre l’action au plus près sans que le film n’y perde rien de sa visibilité. Certains plans témoignent même d’une recherche esthétique évidente et quelques passages du film sont assez beaux.

Côté comédiens, Daniel Craig s’impose définitivement dans le rôle de James Bond, lestant de sérieux le personnage tout en se prêtant volontiers à quelques gags sur sa fonction et l’irréalisme de certaines situations. Javier Bardem s’impose quant à lui en adversaire complexe et retors dont on reconnait sans peine l’ingéniosité et la cruauté. Enfin, Judy Dench campe une « M » assumant la responsabilité de la défense du pays, avec ce que cela comporte de machiavélisme et de risques. Etrangement vulnérable, elle est toujours magistrale, jusqu’à éclipser, paradoxalement, les James Bond girls.

L’enjeu du film repose sur la capacité de l’espion à surmonter ses propres angoisses et ses traumatismes – et c’est tout ce qui fait la différence avec le méchant. Sorti à l’occasion du cinquantième anniversaire des exploits de l’espion britannique, ce nouveau volet tout en finesse frappe très fort.

F.A.

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